Notre-Dame d’Aubune et le Rocher du Diable

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La Chapelle Notre-Dame d’Aubune, chef d’œuvre de l’art roman située à Beaumes-de-Venise, tirerait son nom d’une victoire que Charlemagne aurait célébrée à l’aube, dès que les premières lueurs du jour frappèrent les flancs de la colline aux pieds de laquelle se tient depuis des siècles la petite chapelle. La légende raconte que le roi avait fait ériger celle-ci pour célébrer la Sainte Vierge après la victoire. Mais le Diable, fou de rage, arrachât un rocher de la crête pour le jeter sur l’édifice et le réduire à néant. La Vierge serait intervenue au dernier moment et bloqua de sa quenouille l’énorme masse rocheuse.

Seulement voilà, comme bien souvent, l’histoire vient se heurter à la légende et remet tout en perspective. Premier problème, et pas des moindres, Charlemagne n’est jamais venu en Provence. Certains historiens locaux pensent alors à Charles Martel, célèbre chef militaire, qui a laissé lui bien des traces de son passage dans la région, en remportant de nombreuses victoires contre les Sarrasins, mais aussi en pillant la ville d’Avignon. Cependant, rien n’atteste d’une quelconque victoire à proximité de la chapelle.

Quant au Rocher du Diable, sa présence pourrait être expliquée par la composition même de la colline. Il semble qu’il soit en fait un morceau des lames rocheuses des contreforts des Dentelles de Montmirail, détaché à l’époque où toute la zone était immergée sous les eaux. Les milliers de fossiles visibles sur la paroi témoignent encore aujourd’hui de cette période.

Aujourd’hui, tout comme la chapelle, la légende demeure intacte, et le Rocher du Diable reste perché. En équilibre au sommet de la colline, toujours menaçant, il arbore encore sur sa face supérieure les marques laissées par les coquillages qui se délitaient ou bien, selon la version que l’on préfère croire, par les griffes de Satan.

 

Texte et photo : Simon SAADA - Paru dans : Ventoux Magazine

Une journée à bord du Royal Clipper

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Simon Saada Royal Clipper

Le pont principal est d’un style classique, caractéristique des clippers construits à la fin du XIXe siècle.

 

Magistral, grandiose, il était le roi face aux falaises de Bonifacio. Trop grand pour mouiller au port, le Royal Clipper, seul et unique cinq mâts au monde et plus grand voilier naviguant encore, faisait une halte face à la cité fortifiée avant de reprendre sa navigation autour de l’île de beauté. Il ne faut surtout pas parler d’un bateau, mais bien d’une “lady”, comme le répète chaque membre de l’équipage à bord. Et la dame peut se vanter de ses mensurations : 133,8 mètres de longueur, plus de 5 200 m² de surface de voile, pouvant atteindre les 17 nœuds, une sacrée vitesse pour un tel gabarit. Né en juillet 2000, le navire est conçu à l’image du légendaire Tall Ship Preussen né 98 ans plus tôt, surnommé “La Reine des Reines de la mer”. Il était considéré à l’époque comme le plus majestueux et rapide voilier du monde, son règne s’acheva dans la Manche lorsqu’il fut éperonné par un navire à vapeur.

Né d’une passion

Le navire a été conçu par Mikael Krafft. Né sur une île vers Stockholm, il a commencé à naviguer dès l’âge de 5 ans sur un bateau de 4m20 en compagnie de son chien.
D’abord juriste, businessman et armateur, il s’est laissé
rattraper par son premier amour et a ainsi fondé la compagnie Star Clipper il y a 26 ans. “Je l’ai conçu à partir de plan qui datait du XIXe siècle”, explique Mikael Krafft. Un géant des mers à l’image des anciens grands voiliers qui devaient convoyer le plus rapidement possible des produits périssables ; des exploits rendus possibles à l’époque grâce à des voilures importantes et des coques effilées.

Simon Saada Royal Clipper
Simon Saada Royal Clipper

Guven Daragon, unique élève officier français, a l’honneur d’apprendre le métier à bord du plus grand et majestueux voilier au monde.

Simon Saada Royal Clipper

Le capitaine du navire, Sergey Utitsyn, aux côtés d’Anita Rollin, qui supervise le bon déroulement pour chaque passager à bord, sont tous deux fiers d’emmener le Royal Clipper sur le littoral corse.