Quand l’Histoire et les croyances s’entremêlent

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Il fut une époque où certaines curiosités ne s’expliquaient pas forcément d’une manière que l’on qualifierait de rationnelle, ou quantique. Bien au contraire, nous parlons ici d’un temps où l’inexplicable relevait de la sorcellerie, de l’alchimie, de l’intervention divine, ou au contraire, de celle du Diable. Certaines histoires, devenues des légendes, transmises depuis des générations, ont façonné une part de l’identité profonde provençale en Vaucluse et Drôme.

La Source Saint-Gens

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Dissimulée depuis des siècles derrière les arbres au Beaucet, la fontaine Saint Gens est un lieu qu’il faut mériter, car ce n’est qu’après avoir emprunté un long chemin raide
et caillouteux que l’on peut enfin se reposer à la source miraculeuse.

La légende qui entoure cet endroit raconte que c’est ici qu’aurait vécu Gens Bournareau, qui ne supportait plus l’adoration vouée à Saint Raphaël, et parti ainsi vivre au fond du vallon du Beaucet.  Devenu ermite, dormant au creux d’un rocher, cultivant la terre avec sa vache et son bœuf, il s’éloignait des hommes qui l’exaspéraient.

Un miracle survint un jour lorsqu’un loup dévora sa vache : il paralysa la bête et l’attela au bœuf, lui ordonnant de tirer la charrue. Au cœur du village, le Saint est d’ailleurs en de nombreux endroits représenté aux côtés de ses deux attributs que sont devenus le bœuf et le loup.

Un second miracle arrivera le jour où, lorsque sa mère partie le chercher jusque dans sa montagne, lui réclama à boire, Gens enfonça ses doigts dans la roche et fit jaillir une source d’eau.

L’ermitage de Saint-Gens est devenu l’un des plus importants lieux de pèlerinage en Provence, et c’est souvent en courant que l’on transporte sa statue jusqu’au fond du vallon. Encore aujourd’hui, un mince filet d’eau ne cesse de couler au sommet du chemin.

 

Texte et photo : Simon SAADA - Paru dans : Ventoux Magazine

Le Portail Saint-Jean

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Chaque année, des centaines de milliers d’automobilistes, motards et cyclistes empruntent la route pour le Mont Ventoux, sur le versant Nord, en provenance de Malaucène. Et si parmi eux, certains ralentissent devant l’immense mur de pierre bombé et lisse, situé environ un kilomètre au-dessus de la source du Groseau, aucun n’y verra autre chose qu’une étonnante formation géologique. Pourtant, il s’agit là d’un lieu sacré, haut lieu de croyance locale, dont l’histoire est bien connue des Vauclusiens. Cette concrétion de calcaire est surnommée le portail Saint-Jean, et forme en effet un gigantesque arc de cercle à la couleur sombre, se détachant très nettement du reste de la paroi rocheuse.

Les histoires concernant ce lieu sont nombreuses, et pour la plupart reliées au Christianisme. Mais mises à part quelques variantes, toutes s’accordent autour d’une légende selon laquelle le mur serait une porte s’ouvrant chaque année, à Noël, pendant la messe de minuit. À l’intérieur, s’étendrait un long couloir au fond duquel trônerait la Chèvre d’Or, célèbre gardienne de trésors. Mais il faut faire vite, car le portail se referme très rapidement après s’être ouvert, dès la fin de la lecture de l’Évangile. De ce que l’on sait, tous ceux qui s’y sont aventurés n’en sont jamais revenus…

 

Texte et photo : Simon SAADA - Paru dans : Ventoux Magazine

Notre-Dame d’Aubune et le Rocher du Diable

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La Chapelle Notre-Dame d’Aubune, chef d’œuvre de l’art roman située à Beaumes-de-Venise, tirerait son nom d’une victoire que Charlemagne aurait célébrée à l’aube, dès que les premières lueurs du jour frappèrent les flancs de la colline aux pieds de laquelle se tient depuis des siècles la petite chapelle. La légende raconte que le roi avait fait ériger celle-ci pour célébrer la Sainte Vierge après la victoire. Mais le Diable, fou de rage, arrachât un rocher de la crête pour le jeter sur l’édifice et le réduire à néant. La Vierge serait intervenue au dernier moment et bloqua de sa quenouille l’énorme masse rocheuse.

Seulement voilà, comme bien souvent, l’histoire vient se heurter à la légende et remet tout en perspective. Premier problème, et pas des moindres, Charlemagne n’est jamais venu en Provence. Certains historiens locaux pensent alors à Charles Martel, célèbre chef militaire, qui a laissé lui bien des traces de son passage dans la région, en remportant de nombreuses victoires contre les Sarrasins, mais aussi en pillant la ville d’Avignon. Cependant, rien n’atteste d’une quelconque victoire à proximité de la chapelle.

Quant au Rocher du Diable, sa présence pourrait être expliquée par la composition même de la colline. Il semble qu’il soit en fait un morceau des lames rocheuses des contreforts des Dentelles de Montmirail, détaché à l’époque où toute la zone était immergée sous les eaux. Les milliers de fossiles visibles sur la paroi témoignent encore aujourd’hui de cette période.

Aujourd’hui, tout comme la chapelle, la légende demeure intacte, et le Rocher du Diable reste perché. En équilibre au sommet de la colline, toujours menaçant, il arbore encore sur sa face supérieure les marques laissées par les coquillages qui se délitaient ou bien, selon la version que l’on préfère croire, par les griffes de Satan.

 

Texte et photo : Simon SAADA - Paru dans : Ventoux Magazine

Quand lézard rime avec bizarre

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C’est sur les îles Lavezzi que vous pouvez avoir la chance de croiser ce drôle de lézard, témoin de ce que la nature peut faire de plus remarquable. Semblant sortir tout droit d’un film de science-fiction, celui-ci n’aura pas besoin d’attendre que sa queue repousse en cas d’attaque, car il en a déjà une de rechange ! S’il avait été vu au Japon, il aurait pu fièrement porter le nom de Godzilla, le célèbre reptile nippon transformé en monstre à cause des radiations nucléaires ! Au moins, celui-ci ne risquait pas d’écraser les vacanciers curieux venus l’observer.
Texte et photo : Simon SAADA - Paru dans : Corse Matin - Vendredi 16 juin 2017